L'Autre-Monde
L'Autre-Monde

       Noirelouve s’élança à l’assaut de la pente rocailleuse avec entrain et impatience. À quelques enjambées vigoureuses de la piste poussiéreuse se dressait bien en vue une borne de granit aux dimensions modestes, mais dont les finitions parfaitement exécutées révélaient la qualité caractéristique de son origine Dvergr. Saisi d’un respect mêlé d’une satisfaction sauvage, Tjor glissa un doigt le long d’une arête saillante pour mieux apprécier la portée de sa découverte. Parvenu à un coin aussi rugueux que piquant, il alla jusqu’à examiner le bout de son index, prêt à y trouver un poinçon de sang.

- Nous l’avons découverte ! lança-t-il, gonflé de fierté, en se tournant avec enthousiasme vers les siens.

          Ses équipiers émergeaient à peine du virage proche, affichant une réserve polie. Le regard du chef accrocha incidemment celui de Signe dans sa quête de soutien. La jeune fille ne lui accorda qu’un court échange avant de se détourner, ses grands yeux noirs débordant d’amertume, de peine et surtout de déception. Cette indifférence glacée, familièrement paternelle, réveilla en lui le pincement au cœur l’ayant si souvent épinglé durant ses jeunes années. S’il se surprit à flancher devant cet aigre sentiment fantôme durant un instant, il le repoussa et refusa à la Banshee le droit de saboter son plaisir. L’adolescente battait froid la majorité de la troupe depuis leur périple dans l’antre lacustre de la Nixe, notamment Rehn qu’elle rendait responsable de sa sordide affliction et lui-même pour ne pas avoir pris son parti lors du débat suivant l’incident. Noirelouve mettait cette bouderie sur le compte de l’immaturité. Après tout, Rehn, sommée de s’expliquer par son accusatrice, avait fait montre d’intelligence et de sagesse, non seulement en dédaignant le bellicisme dont elle était la cible, mais en acceptant de se justifier envers une roturière lorsque rien ne l’y obligeait. D’après elle, le coupable de son empoisonnement n’était autre qu’un élémentaire, mauvais génie maléfique ou facétieux, dont la tempestaire n’avait mis à jour le mauvais tour que très récemment. Pour une raison propre à l’esprit tourmenteur, Signe représentait une cible idéale, souffre-douleur ou victime de son humour atypique. Rehn justifia son innocence dans le fait d’avoir chassé elle-même l’empoisonneur et Tjor, assuré de sa bonne foi, n’avait pas donné suite, clôturant la polémique. Encore échauffée par ses troubles maladifs et l’instabilité de ses humeurs de jeunesse, Signe avait vécu cette conclusion comme une injustice, s’isolant depuis dans une rancœur muette dont tous faisaient les frais.

- Le symbole ! le héla Jarand en le rejoignant. Porte-elle le symbole ?

        Tjor raviva son sourire, refoulant la Banshee capricieuse de ses pensées au profit de sa trouvaille. Étudiant le glyphe gravé à la surface de la rune découverte par fouille dans la poche de Grikar à leur arrivée dans cette nouvelle aire, il chercha ensuite un symbole identique sur la borne. Cette dernière n’affichait que quelques inscriptions sobrement étirées sur une unique ligne, aussi fut-il facile de trouver le lien. Il tapota le caractère en hochant la tête à l’attention de son second.

- Vous aviez raison.

- J’avais raison, répéta Tjor en rendant la pierre enchantée à son propriétaire presque aussi maussade que Signe.

         Grikar saisit au vol la rune de sa main valide et la fit jouer dans sa paume, révélant la marque du transport d’une face, celle la reliant à ce lieu particulier sur l’autre.   

- Quand bien même, qu’est-ce que ça change ? déclara le Nain en feignant toujours l’indifférence. La brume est toujours là, le danger également et nous perdons un temps précieux à traquer des caillasses.

- Ce qui change, c’est que nous avons la preuve que vous êtes un menteur consommé et que nous serons sous peu capables de nous guider sans votre « aide ».

- Ce qui fait deux raisons de remettre en question votre participation, renchérit Jarand.

- Prenez-lui sa bourse de runes et soulagez notre vue, ainsi que notre odorat, de sa personne, proposa Rehn avec flegme. Nos provisions ne s’en porteront que mieux.

- Je serai curieux de voir comment vous vous sortirez du purin sans moi à la prochaine bande de trépassés en maraude croisée. Ou à une horreur carnassière de plusieurs quintaux. On reparlera de comparaison d’appétit à ce moment-là. Au fait, princesse, je vous en prie pour la femme-truite, ça m’a fait plaisir d’aider à tirer les miches cambrées de votre protégé d’eaux plus que troubles.

- C’est votre intérêt que vous protégez à travers l’aide que vous dispensez au compte-gouttes, lui reprocha Noirelouve. Vous avez largement eu l’occasion de nous prouver que vous êtes digne de confiance. Or, ce n’est toujours pas le cas. Donnez-nous vos runes. Toutes vos runes.

     Le Dvergr se raidit et foudroya l’assemblée d’un regard farouchement hostile, la main couvrant sa ceinture. La colère se lisait sur ses traits, la peur aussi. Tjor le connaissait assez à présent pour suivre sans mal le cours de ses pensées. Il jaugeait la situation en sondant les autres spectateurs, mais à leur retenue et leur absence d’implication dans l’incident, il comprit avec évidence qu’aucun ne le soutiendrait. Au mieux, Knud, renfrogné, protégeait l’un de ses flancs. Si les choses dégénéraient, le champion ne serait pas de ceux qui lèveraient la main sur lui, le noble en était persuadé. Mais il ne le défendrait pas non plus. Le borneur avait depuis longtemps ruiné ses chances de s’allier un ami et il n’en prenait réellement conscience que maintenant. Trop tardivement.

- Je suis le seul à pouvoir manipuler l’Enfant du Ciel, rappela-t-il en défiant quiconque d’approcher. Renoncer à sa protection signerait votre perte dans ce cloaque. C’est son pouvoir qui vous a sauvé la vie au bourg des écorchés ! Et cette fois encore, contre la garnison des spectres de cendres au col de lave ! De plus, n’oubliez pas que sans mon aide, vous ne trouverez jamais le sage pour répondre à vos questions.

- Si tant est qu’il existe, fit remarquer Jarand.

- Son existence reste plus facile à prouver que ta virilité, le joueur de flûte à bec.

   La répartie, et le ton mordant la portant, arrachèrent un grommellement outré à Noirelouve dont le pas emporté fit rouler de nombreuses pierres sous ses pieds. Le noble se doutait que le Nain se tenait fermement prêt à accueillir son assaut, mais entraîné par la pente et son sursaut de colère, il ne lui était plus possible de s’arrêter. Le Dvergr avait dépassé les limites de sa patience. Qu’il le veuille ou non, il lui arracherait ses maudites runes avec l’espoir fou que cela le ramène à la raison.

             Le sifflement caractéristique des premières flèches infléchit par réflexes instinctifs la direction de sa course. Lame au clair, il dérapa durant ce qui lui parut une éternité tandis que les projectiles se brisaient sur les rochers alentour. Avec un temps de retard, le groupe se remit de la surprise de l’assaut et fit face. Flanqué de Jarand au bouclier érigé en barrière et de Knud, ramassé sur lui-même, prêt à bondir, Noirelouve pointa son épée en direction de la pinède d’où surgissaient les ombres mouvantes de leurs assaillants. Dans la pénombre et le couvert de l’orée du bois, ils ressemblaient à des revenants aux suaires de ténèbres et d’os. Lorsque leurs cris de guerre gutturaux s’élevèrent, il comprit que leur maléfice ne se résumait heureusement qu’aux pelisses excentriques qu’ils arboraient, ornées de lanières d’os cousus, de colliers de phalanges, de jointures de mâchoires. Certains mêlaient aux fourrures macabres des fragments de tignasses aux revers pelés qu’il identifia comme des scalps, trophées morbides de leurs précédentes victimes. Ce sinistre détail retint son attention et, combiné à la noirceur charbonneuse de la peau des attaquants, fit jaillir de sa mémoire un désagréable souvenir.

- Des Köls ![44] s’exclama-t-il avec vigueur à ses compagnons pour les intimer tant à la vaillance qu’à la prudence. Frappez pour tuer ! C’est ce qu’ils feront avec vous !

          Dans le meilleur des cas, songea le noble à la vue des ornements anatomiques des plus variés que la proximité de l’ennemi dévoila. Montagnards brutaux et barbares, les Köls compensaient leur sauvagerie primitive par une violence exempte de tout honneur ou pitié. Plus bêtes qu’humains, les « Fauves des cimes » vivaient de rapines et de pillages, déployant une cruauté démesurée pour traumatiser leurs proies et se préserver ainsi de leurs représailles. Car ce n’était que des lâches sadiques frappant lourdement des cibles faciles avant de se replier dans leurs territoires reculés en altitude. Tjor en avait pourchassé plus que de raison dans les cavernes où ils se terraient après avoir décimé quelque hameau de bergers ou des fermes sans défense. Cette fois-ci, il comptait bien sur la révulsion qu’ils lui inspiraient et sa colère résiduelle pour démontrer à ces monstres leur erreur de jugement.

Promptement, il distribua ses ordres pour former sa défense et rallier ses éléments les plus indociles. Bien que tardivement, Rehn s’appliqua à lever un vent qui déporta la plupart des flèches. Aslak vint renforcer leurs rangs en brandissant à deux mains la pique que sa maîtresse avait consenti à lui céder depuis sa virée en compagnie de la meute sauvage. Signe, plus à l’écart, avait disparu, sa discrétion légendaire en meilleure protection et Grikar s’était réfugié derrière les guerriers, dissimulé entre deux rocs. Bien qu’hermétiques à toute forme de stratégie, les Köls disposaient d’une expérience avérée de chasse en bande. À la vue de leurs tirs inefficaces, emportés par la brise domptée, les archers quittèrent l’abri des sous-bois pour se joindre à la masse menant la charge. Les directives de Tjor le désignèrent logiquement comme une cible d’importance. Ce dernier s’apprêtait à essuyer la première vague convergeant vers lui lorsqu’une lance vola dans sa direction. Dissimulée par la pénombre et la marée mouvante gravissant la pente, il ne l’aperçut que trop tard. Le javelot le heurta de plein fouet à l’abdomen, le jetant à terre avec rudesse et lui coupant le souffle. Étourdi et privé de l’air brutalement expulsé de ses poumons, il mit un certain temps à retrouver ses esprits. Mal affûtée, la pique de piètre qualité ne l’avait pas entaillé profondément, en partie bloquée et déviée par son armure. Sa force raffermie par la douleur, le jeune seigneur se releva et rejoint la mêlée. Fidèle à ses prévisions, la bande de charognards se montra trop indisciplinée pour combattre efficacement malgré sa supériorité numérique. Un à un, les fauves vinrent se briser l’échine et les crocs contre la muraille formée par le trio de combattants aguerris, soutenu par Aslak, s’appliquant à évaser encore davantage leurs innombrables brèches. Après quelques assauts enragés mais infructueux, les Köls refluèrent aussi vite qu’ils étaient venus, abandonnant leurs blessés pour se fondre dans les profondeurs boisées. Noirelouve ne les fit pas poursuivre pour ne pas exposer l’un des siens au piège des bois ombreux et de l’isolement dans la dispersion. Malgré sa violence, le combat n’avait que peu duré. Le premier réflexe de Tjor fut de s’assurer qu’aucun membre de son groupe n’avait subi de dommages majeurs. Le choc reçu au ventre ne l’avait perforé que superficiellement, lui épargnant une hémorragie importante ou le handicap d’une côte brisée. Knud avait écopé d’une estafilade à l’avant-bras qu’il bandait déjà lui-même à l’aide d’un tissu propre après avoir couvert la plaie de salive, en attendant le répit nécessaire à de meilleurs soins. Les autres demeuraient indemnes.

- Si vous ne participez même pas à notre défense avec, vos runes vous sont définitivement inutiles, le tança Noirelouve en apercevant Grikar, fouillant l’un des cadavres. Donnez-moi votre bourse. Tout de suite.

- Ils empestent le feu et la chair calcinée, déclara ce dernier, passant d’un mort à l’autre avec précipitation pour les renifler comme un animal, avant de se redresser. Et ils sont venus et repartis de ces bois. Nous ne sommes pas leurs premières cibles de la journée.

- Il a raison, confirma Signe, les yeux révulsés, une main à plat sur le poitrail d’un Köl abattu. Une pluie de sang tourbillonne dans leurs âmes…Ils sont marqués…comme une brûlure encore vive…Ils ont tués récemment.

- La peste soit sur ces engeances ! jura Grikar en ramassant une hache dont il dépouilla le manche de ses colifichets macabres, puis en filant en direction de la lisière proche.

- Grikar ! l’interpela Noirelouve avec force. Ne m’obligez pas à vous donner la chasse. Posez cette arme et… 

             Le Nain le fit taire en lui précipitant dessus sa bourse de runes. Son regard brillait anormalement.

- La retraite du sage se situe dans cette aire, livra-t-il avec ardeur. De l’autre côté de ces bois. Les Dvergrs n’abandonnent pas les leurs.

                Sans un mot de plus, et ne tenant aucun compte des injonctions répétées du noble, le borneur poursuivit sa route. Jarand proposa sobrement de l’abattre d’une flèche et Rehn de le laisser partir mourir aussi glorieusement qu’il l’espérait, mais Tjor repoussa ces deux perspectives. Épée et torche en main, il se lança sur ses pas, engageant le groupe à sa poursuite. Malgré son bras immobilisé et la modestie de sa foulée, Grikar détala comme un lièvre à travers la densité inhospitalière de la forêt. Le rattraper s’avéra rapidement un exploit hors de portée et le suivre, un exercice d’une difficulté surprenante où la moindre inattention ou faiblesse éteignait sa trace dans l’obscurité oppressante de la futaie. L’endurance du fuyard mit celle de ses équipiers à rude épreuve et, après une chasse éprouvante à l’issue maintes fois incertaine, Tjor et ses compagnons débouchèrent dans une clairière isolée par un large précipice. Un ancien glissement de terrain avait arraché aux bois encombrés ce lambeau de terre âprement défendu par la suite par les bourrasques incessantes de l’altitude. Une chaumière misérable devait en son temps en occuper le centre, près d’un humble lopin de terre cultivé et d’un potager entouré d’un muret de galets. Il n’en restait plus que les reliefs mal définis, voracement effacés par les ravages de l’incendie ayant dévasté le paisible endroit. Un campement récent occupait un coin épargné par les flammes dont les rares occupants en pleine effervescence s’agitaient avec frénésie autour du groupe de Köls rescapés de l’assaut. Tjor estima leur nombre à une quinzaine, relativement éparpillés et encore sous le coup du retour en catastrophe de leurs chasseurs décimés. Il n’eut guère le temps d’évaluer mieux la situation, Grikar chargeant la meute avec la folie destructrice d’un taureau enragé. C’est à peine s’il releva la présence d’un groupe de femmes s’attelant à barbouiller de sang et de cendres une table de pierre sur laquelle reposait le corps méconnaissable d’un Nain. Le blasphème commis, et ses conséquences sur sa quête en cours, l’aidèrent à rassembler ses forces au moment d’appuyer l’assaut du guide.

                L’attaque inattendue frappa de stupeur le clan mal remis de ses pertes conséquentes. Grikar combattit avec la férocité du sanglier acculé, vociférant et tranchant aveuglément, suscitant un effroi qui se répandit à l’ensemble des Köls, combattants ou non. Rehn draina dans l’abondance des vents balayant le versant boisé pour déclencher une rafale au milieu des tentes de peaux fragiles, rajoutant au chaos ambiant. Tjor, Knud, Aslak et Jarand cisaillèrent leurs flancs en surgissant de l’orée, exploitant leur déroute pour terrasser les rares défenseurs et précipiter la fuite des autres. Un ultime noyau de fanatiques parvint à se regrouper autour du sinistre autel, manifestement déterminés à causer ou goûter à une mort de martyrs dans un fervent sacrifice. C’est Signe qui vint à bout de leur témérité exaltée en gravant à la surface des bourrasques semées par Rehn de lugubres visages fugacement dessinés par la cendre. Leur expression de souffrance et leur horrifique apparence spectrale ébranlèrent la résolution des fanatiques qui n’opposèrent plus qu’une résistance symbolique face aux lames vengeresses de leurs assaillants.

Le dernier adversaire vaincu et le bivouac déserté, Grikar laissa glisser sa hache maculée de ses doigts poisseux et s’avança à pas retenus vers le dolmen souillé. Le malheureux étalé à son sommet semblait avoir enduré mille tourments, par le fer et le feu. Tandis que le borneur se recueillait, le visage fermé, une main amorçant timidement un geste d’effleurement sur la pierre éclaboussée, et que Tjor cherchait quelque formule adaptée à son intention, une pie passa sous leur nez. Quittant la branche proche d’où il observait la scène, l’oiseau survola l’autel et se posa délicatement dans la poussière écarlate. Un instant plus tard, un Nain marqué par les saisons se tenait à sa place, la vêture claire et sobre typiquement religieuse, son visage affligé encadré par de lourdes nattes entrecroisées, le regard brillant d’une peine vive qu’atténuait une lueur croissante de reconnaissance. Les yeux écarquillés, Grikar s’inclina avec déférence mais l’inconnu fut plus rapide que lui. Ses mains potelées sur les genoux et la nuque courbée, il salua longuement le groupe interdit.

- Sage, le désigna par son titre Grikar avec soulagement. Vous êtes vivant.

- Ma magie de métamorphe[45] m’a permis d’échapper aux griffes des fauves, déclara-t-il d’un ton ému que chaque mot raffermissait. Ce ne fut pas le cas de mon compagnon…Ces bêtes pensaient pouvoir se préserver de la mort hantant ce monde avec un sacrifice en son nom. Votre venue et vos lames les auront poussés à reconsidérer leurs croyances archaïques et démoniaques. Les dieux soient témoins de mon immense gratitude envers vous.

- Nous aurions pu venir plus tôt, commenta Grikar avec ce que Tjor perçut comme une pointe de reproche.

- J’aurais pu m’enfuir ou périr aussi. Mais je n’ai pas abandonné mon ami et vous ne m’avez pas abandonné. Il faut savoir déceler la sagesse des dieux dans la fortune, comme dans les malheurs. Tu es venu à temps, fils de la pierre. Vous aussi, Grandes Gens.  

- Noirelouve et ses pairs sont en quête d’une voie leur permettant de lever le brouillard et la malédiction du dormeur, confia le guide en se tournant vers ses équipiers. Ils réclament votre aide dans leur entreprise. Je laisse votre sagesse, et celle des dieux, juger de la part de fortune et de malheur dans ce projet insensé.

 

[44] Köls : « Noirs », surnom hérité de la teinte sombre de leurs peaux

[45] Métamorphe : Utilisateur de magie capable d’adopter différents aspects, notamment animaux.