L'Autre-Monde
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Épisode 142 – La Druidesse Taquine

 

            Al, près du feu, aiguisait mécaniquement les lames de ses poignards, le regard perdu au milieu des flammes. Gonzague s’entraînait dehors sous la pluie, massacrant un élémental de boue passif à coups de hache. Ilurya préparait un onguent aux plantes et aux racines que lui pilaient Cyril et Vorshek, comme à son habitude, dormait. Le rôdeur songeur fut rejoint par Cyril qui s’assit à ses côtés. Constatant que son compagnon paraissait perturbé, le barde se rapprocha et commença à lui parler.

 

- « Une histoire lointaine raconte l’épopée d’un humain, héritier du trône qui était devenu rôdeur pour fuir ses responsabilités et la malédiction de sa lignée. Il trouva des alliés inattendus dans sa quête, de modestes hobbits ni aguerris, ni expérimentés. Mais ce fut aux côtés de ces êtres maladroits et humbles qu’il retrouva la foi. La vaillance et la volonté de ces petites créatures insignifiantes lui rendirent son courage et son estime. Et après leur quête périlleuse contre les ténèbres, c’est glorieux et victorieux que cet humain, ce rôdeur sinistre, revint auprès des siens où il fut couronné roi. Grâce à l’indéfectible fidélité de simples mais loyaux hobbits. »

 

            Les yeux luisants, Cyril posa délicatement la main sur l’épaule de Al et lui murmura d’une voix profonde et sereine, son regard pénétrant planté dans le sien.

 

- « C’est dans l’affection de tes compagnons d’aventure que tu trouveras la force nécessaire qu’exige notre quête. »

- « Tu ne profiterais pas du fait que Vorshek soit dans les choux pour te rabattre sur moi et me draguer outrageusement par hasard ? » interrogea Al en virant la main du hobbit à la pointe de son arme.

- « Ça fait dix jours qu’on est coincés ici qu’avec des filles et je n’ai plus le droit de changer les pansements de Vorshek parce qu’il parait que mes doigts dérapent trop au sud de sa blessure », maugréa le barde. « C’est pas que ça me fasse plaisir, mais il ne reste plus que toi à tenter ! »

- « Curieusement, c’est loin d’être la première fois que l’on me dit ça », soupira Al, pensif.

- « Vorshek est réveillé », annonça Ilurya sans lever la tête de son ouvrage.

- « C’est vraiment une grande sorcière ! » s’exclama Cyril en constatant qu’elle ne s’était même pas retournée.

- « Bof, non, c’était facile à deviner », répondit la sorcière lasse. « Il a récupéré de son pouvoir et s’exerce à soulever ma robe par télékinésie depuis deux minutes. »

 

            Tout le monde se leva pour rejoindre Vorshek, à présent réveillé et assis sur sa couche. Seule Gonzague refusa d’approcher plus loin que le seuil de la caverne, mais interrompit néanmoins son entraînement, permettant au golem de boue massacré de se régénérer un peu.

 

- « Nous sommes sur ton domaine ? » interrogea Vorshek quand Ilurya s’approcha. « Vous avez voyagé jusqu’aux bois de l’Opossum Edenté ? »

- « Avec la piétaille qu’on avait aux basques, ce n’était pas plus mal de marcher vite et loin », le renseigna Al, appuyé par les acquiescements approbateurs de Cyril. « C’est quand ta blessure a commencé à suinter jaunâtre que j’ai pensé à Ilurya pour te soigner. Tu peux nous remercier parce que pour te trimballer poursuivis, on s’est bien cassés le cul avec Cerise ! »

- « Pardon ?! » s’exclama Vorshek, stupéfait. « Vous vous êtes quoi tous les deux ?! »

- « Juste une expression », clarifia le rôdeur, tant pour Vorshek que pour Cerise qui émettait déjà des roucoulements. « Une expression fort mal choisie. »

- « Et Hjotra ? Et Gonzague ? »

- « On a paumé Maître Hjotra dès le campement de Tynfir. Et Gonzague a commencé à sérieusement tirer la tronche au troisième jour d’une chasse à l’homme sanguinaire dont nous étions le gibier, à moins que ce ne soit à la quatrième attaque nocturne, celle après la huitième embuscade et le piège dans les marais aux sables mouvants…Bref, elle fait sa fille, elle tire la gueule. »

- « C’est pour ça qu’elle reste dehors ? » demanda le magicien.

- « Non, ça, c’est à cause de moi », répondit Ilurya en baffant Al. « Je t’expliquerai… »

- « Je te dois la vie alors », dit le semi elfe en inspectant son bandage. « Je n’aurais jamais cru que tu m’aiderais après la colère de Mère à ton encontre. Merci Ilurya. »

- « Un remerciement et une partie de ta bourse me suffisent en signe de reconnaissance, il n’est donc pas nécessaire de me tripoter la cuisse », gronda l’elfe en piquant la main de Vorshek avec l’une des lames de Al. « Remercie aussi tes compagnons et surtout le destin. Tu n’aurais pas du survivre à ce poison. »

- « La flèche était empoisonnée ?! » s’exclama le demi elfe.

 

            Ilurya tendit sa main et désigna ses doigts. Cyril poussa aussitôt un cri d’horreur et de dégoût.

 

- « Oh, mazette, ma grande ! Mais tu ne pratiques donc jamais de manucure ? »

- « Ce n’est pas cela que je voulais vous montrer… » grogna la sorcière.

- « Oui, je vois », fit Al. « C’est moche. T’as les doigts tout tordus et vachement grêles. J’avais un pote artiste au Karak qui récurait et gravait des bibelots en os de vache. Il faisait tout à l’ongle. Mais c’était pas aussi dégueu que ça. »

- « Je pensais que vous les auriez remarqués du fait de la ressemblance avec vous, mais ce sont ces tâches qu’il faut regarder. Elles me sont apparues quand j’ai soigné la plaie de Vorshek. La couleur violette sur ma peau ne trompe pas, la flèche était imprégnée de poison elficide. C’est ton aspect physique qui a trompé ton agresseur. Il ignorait que tu n’étais elfe qu’à moitié. Ta partie naine extrêmement résistante t’a permis de survivre. »

- « Les nains, c’est pas des estropiés des burnettes ! » clama fièrement Gonzague depuis l’entrée.

- « Mais pourquoi est-ce qu’elle reste dehors à se tremper le melon, elle ?! » s’exclama Vorshek. « Al a laissé ses bottes dedans ou quoi ? »

- « Elle a du mal à rester près de moi », avoua Ilurya d’une voix ténue. « Et je ne peux lui en vouloir, connaissant sa plus irrépressible phobie. »

 

            La jeune elfe afficha un sourire triste et retira lentement la capuche qu’elle n’avait pas quitté un seul instant. Avec horreur, Vorshek découvrit la masse grouillante de serpents remplaçant la chevelure de la druidesse. Au loin, Gonzague poussa un gémissement criard et alla se soulager en massacrant l’élémental impassible en trépignant de dégoût.

 

- « Quoi ? » demanda Ilurya à Vorshek qui avait bondi en arrière sur sa couche. « J’ai raté ma permanente ? »

- « Soit ton onguent a des propriétés hallucinogènes et je t’achète le stock, soit tu as des serpents à la place des cheveux. Mais je croyais que l’enseignement druidique te plaisait ! Tu as tout laissé tomber pour te spécialiser gorgone ou bien ?! »

- « Je ne change personne en pierre du regard, je te rassure. Enfin pas volontairement et uniquement durant mes crises de somnambulisme, en été. »

 

            Cyril et Al se tournèrent vers la ravissante statue de voyageur servant de portemanteau avec la même expression perplexe.

 

- « Cette chevelure est la punition de ta Mère pour t’avoir…pour la fois où nous avons…pour t’avoir déniaisé et optionnellement pour lui avoir endormi son grimoire », raconta Ilurya en remettant sa capuche. 

- « Mais c’est horrible, je l’ignorais ! Et moi qui pensais naïvement que tu gardais ta capuche pour te donner un style urbain, moins paysan que le reste de tes habits, de ta décoration d’intérieur ou de tes manières. Mais cette profusion de reptiles venimeux n’occasionne-t-elle pas quelque gêne dans ton épanouissement social et amoureux ? »

- « Je suis une sorcière vivant dans une grotte minable au fond d’une forêt hostile et paumée ! Les amis qui viennent me rendre visite, c’est toi à demi crevé sur le dos de Al, une armée au derche, un hobbit, à son derche aussi d’ailleurs et une naine qui a voulu me trépaner deux fois et a pillé mon garde-manger pour évacuer son stress ! Quant aux amours, ça fait bien dix ans et notre folle demi minute d’amour que je n’ai pas connu d’hommes. On peut le dire, le style sang-froid mortels en guise de chevelure ne doit pas jouer en ma faveur. »

- « Aucun en dix ans ?! » s’écria Vorshek, médusé.

- « Y a bien eu deux trois crèves la faim de passage qui ont tenté le coup, mais les serpents leur mordaient toujours les fesses. Au fond, ces petites bêtes, c’est pratique dans le sens où je ne suis pas dérangée par les rongeurs, mais c’est pénible pour faire des rencontres et les fois où elles tombent ou que je les sème dans mon lit, dans le bain, partout dans la caverne… »

- « J’ai soudain de vives palpitations », déclara Cerise en surveillant avec terreur le sol de la grotte. « Je vais rejoindre Gonzague ! »

- « Ta magie ne te permet-elle pas de lever la malédiction ? » demanda Vorshek tandis que Al se hissait par sécurité sur la statue portemanteau.

- « La malédiction sera levée si un preux jeune homme accepte d’embrasser chaque serpent », confia l’elfe d’une voix rendue fluette par l’émotion et la détresse. « Quelqu’un de valeureux, de courageux, m’aimant suffisamment ou ayant contracté une dette vitale envers moi… »

 

            Vorshek blêmit et simula tout à coup une fulgurante crise de douleur pour justifier un soudain évanouissement. Ilurya lui pinça le flanc jusqu’à ce qu’il se redresse.

 

- « Je déconnais, mon prince », avoua-t-elle en riant. « Je voulais voir ta réaction si…masculine. Seule la magie de ta mère ou une équivalente en puissance peut venir à bout de mes serpents. »

- « Je lui demanderai bien de te pardonner, mais je crains que nous soyons dans l’incapacité de rallier le Karak à l’heure actuelle. Nous sommes bannis. »

- « Est-ce que ça a un lien avec la troupe de drows en armes qui sillonne ma forêt à votre recherche et que je tiens à distance en camouflant la caverne derrière un sort d’illusion ? » interrogea la jeune elfe. « A moins que ce ne soit lié avec la fuite précipitée et dénuée de raison du campement de cette Tynfir comme l’ont racontés tes amis ? Ou alors, je fais fausse route et c’est en fait en rapport avec le sceptre enchanté que tu gardais planqué dans tes sous-vêtements ? »

- « C’est le Sceptre du Roi qui commande à l’armée des mort-vivants que Tynfir a lâché sur le pays de Rous, son voisin ennemi », se justifia Vorshek. « C’est parce qu’en fait, elle a manipulé tout son peuple pour légitimer l’invasion et rassembler des alliés afin de quérir des artefacts enchantés. Mais ils n’étaient pas destinés à soigner son père qui en vérité était déjà mort par sa main, mais plutôt pour le ressusciter grâce à un rituel maléfique afin qu’il lui cède le Sceptre. Au final, elle l’a tué de nouveau, m’a repoussé parce qu’elle était déjà fiancée à un seigneur drow et a envoyé son armée de squelettes antiques ranimés détruire le peuple de Rous. Donc, avec l’aide de Maître Hjotra, je lui ai dérobé le Sceptre. On a fui, poursuivis et c’est comme ça que j’ai reçu cette maudite flèche. Tu visualises un peu mieux là ? »

- « Comme dirait Maître Hjotra », cita Al depuis son perchoir, « j’ai rien compris ».

- « C’est clair ! » lança Cyril. « Hjotra, sors de ce corps. Si quelqu’un doit y pénétrer, que ce soit moi, après tout ! »

- « Je crois qu’il va falloir détailler », résuma Ilurya avec un franc sourire. « Alors comme ça, tu t’es épris de cette fameuse Tynfir. Comment était-elle ? Plus jolie que moi ? Pff, c’est facile sans reptiles sur le crâne aussi ! »

- « Je ne peux pas vous raconter », murmura Vorshek, le visage fermé et les mâchoires crispées.

- « Es-tu sous le coup d’un sortilège de Châtiment si tu divulgues la vérité ? » s’alarma Ilurya.

- « Il conserve le silence pour nous épargner ! » s’exclama Cyril, admiratif. « Il sait que nous révéler les sombres manigances de Tynfir pourrait nous mettre en danger ! »

- « Peut-être sa blessure a-t-elle affecté sa mémoire ? » proposa Gonzague.

- « Non », répondit lentement Vorshek en se redressant, une main sur le ventre. « Je ne peux pas vous raconter parce que là, tout de suite, j’ai un énorme besoin naturel à satisfaire ! Maintenant ! Par la délicatesse de ma peau de pêche, je dois en poser une ! Qu’est-ce que vous m’avez fait manger ?! »

 

            Ilurya, dépitée, tendit au semi elfe un pot de chambre tandis que les Dragons qui roxxent battaient en retraite, chassés par Vorshek, à présent écarlate et tremblotant. Un peu plus tard, le magicien de nouveau disponible, rayonnant de l’expression du devoir accompli et enivré des saveurs de la délivrance, rejoint le groupe qui se réunit pour écouter son récit de la trahison de Tynfir.

 

- « Cet artefact est l’unique moyen de contrôler l’armée des mort-vivants invoqués et d’en réveiller d’autres », conclut Vorshek en montrant le Sceptre du Roi. « Tant qu’elle en est privée, Tynfir est impuissante, mais mettra sans doute tout en œuvre pour le récupérer, d’où la présence de ses chiens de chasse à nos trousses. »

- « Que comptes-tu faire, maintenant ? » demanda Ilurya, rompant le lourd silence du groupe.

- « Prendre un bain aux pétales de rose et à l’extrait de fleurs de camomille. Ma peau est dans un état lamentable et j’ai un teint affreux ! »

- « Je pensais plutôt au Sceptre et à Tynfir… »

- « Je ne sais pas trop », admit le semi elfe. « J’ai agi très impulsivement en le dérobant. Je ne souhaite pas le garder, mais si on s’en débarrasse, Tynfir risque de remettre la main dessus. Et je ne désire pas que cela arrive. »

- « Ce sceptre représente en effet un grand péril pour le pays si elle venait à s’en emparer à nouveau », commenta Cyril.

- « Oui aussi. Mais c’est surtout pour bien faire chier cette sale garce. »

- « On pourrait le planquer, ce serait fendard de la voir courir partout après », déclara Al. « Mais il serait beaucoup plus bénéfique qu’on le vende ou qu’on l’échange contre un autre objet magique à troquer contre notre billet de retour au Karak. »

- « Non, abruti ! » fit Gonzague. « Tynfir risquerait de le récupérer tôt ou tard et de nous le remettre en travers de la gueule ou de nous le coller bien profond dans le… »

- « J’ai une bien meilleure idée », l’interrompit Cyril, en pleine réflexion. « Un masque à base de fleurs de sureau ou de feuilles de romarin ferait un bien fou à ta peau, Vorshek. »

- « Si je peux me permettre », déclara Ilurya en lançant un regard de biais à Cerise, « si vous n’êtes pas encore fixés à propos de ce sceptre, je connais un sage, érudit et puissant, qui saura vous conseiller justement. »

- « C’est ce que tu crois que nous devrions faire ? » demanda Vorshek en examinant les différents sachets de sels de bain que lui proposait Cyril.

- « Je pense que vous êtes des demeurés inconscients et complètement dépassés ne réalisant pas une seconde dans quelle gueule de dragon votre nullité absolue de réflexion peut vous entraîner. Mais ce n’est qu’un humble avis personnel. »

- « Un sage ? » songea Gonzague à voix haute. « Hum, les ancêtres peuvent être de bon conseil. Tant qu’ils ne sont pas encore complètement gâteux et ne reniflent pas trop le périmé. »

- « Un érudit saura certainement quoi faire de cet objet », acquiesça Al, séduit par l’idée. « Au mieux, on le lui refourgue en se faisant un méchant bénéfice, au pire, on pourra s’en servir de bouc émissaire si Tynfir et ses bouffons débarquent à l’improviste. »

- « Où se trouve ce sage ? » interrogea Vorshek.

- « Loin, mais votre chance insolente ayant mis sur votre route une druidesse qualifiée et ô combien serviable, vous pourrez y être en un éclair grâce à un sort de portail enchanté. »

- « Cette druidesse, tu la connais ? » plaisanta Al avant de prendre une pichenette dans les dents.

- « Tu vas encore nous aider ? » s’étonna Vorshek. « Que désires-tu de nous ? »

- « Déjà que tu enlèves ta main de ma cuisse. Pour le reste, disons que si ta mère apprend que je t’ai aidé, elle me sera redevable. Et si tu claques pendant la mission à laquelle j’ai participé, ça la gonflera encore plus. Je suis gagnante à tous les coups ! »

- « Voilà qui me rassure grandement », soupira le semi elfe sans parvenir à deviner si Ilurya plaisantait ou pas.

- « Partons tout de suite ! » lança la jeune elfe avec entrain. « Le vieux chêne dehors nous servira de portail. En le traversant, nous arriverons directement chez le sage. Emportez tout votre matos, on ne revient plus ici et je lève l’illusion qui cache la caverne. »

- « Je peux emmener mon golem ? » supplia Gonzague. « Je peux le latter à loisir, il couine moins que Al et dure bien plus longtemps ! »

- « Je t’en offrirai un autre », promit Ilurya d’un air malicieux. « J’ai un bon usage pour celui-ci… »

 

            Kerttu émergea lentement des ombres de la forêt et observa l’entrée de la grotte. Lui et ses chasseurs n’étaient jamais venus dans cette clairière, il en était absolument certain. Leurs proies se terraient là, de cela aussi il était persuadé. Le drow avait poursuivi les fuyards jusque dans ces bois qu’il sillonnait de fond en comble depuis plus d’une semaine. Ils n’avaient pu aller ailleurs. La traque touchait à sa fin.

            Le sinistre assassin déploya ses guerriers avec discrétion et prit leur tête jusqu’à la caverne. Une silhouette était visible près de l’entrée, à l’abri derrière un contrefort rocheux. Il devait s’agir d’une sentinelle en faction se croyant en sécurité à ce poste. Kerttu afficha un sourire mauvais. Ce soir, il pourrait annoncer à sa promise la mort de ses ennemis et il pourrait obtenir d’elle, en plus de ses faveurs, tout ce qu’il voudrait en échange du sceptre magique. L’elfe noir dégaina ses longs coutelas et fondit sur sa cible qu’il lacéra mortellement de deux passes parfaitement exécutées. Kerttu s’aperçut qu’il s’agissait d’un golem lorsque celui-ci implosa sous l’impact, recouvrant l’elfe noir stupéfait des pieds à la tête d’une mixture horrible. En le mélangeant à la boue de sa créature, Ilurya avait trouvé un usage fort à-propos du contenu du pot de chambre de Vorshek. Kerttu le comprit bien en essuyant son visage souillé, ses compagnons, eux, surent se contenter de la soudaine et ignoble odeur.

            Déserte, la caverne renvoya l’écho strident des hurlements de colère du tueur.

 

Bilan de la mission :

Vorshek : Transit intestinal +1

Al : Peur des portemanteaux +1

Gonzague : Chasse à la naine +1

Ilurya : Hospitalité +1

Cyril : Gestion de la solitude -1

Expérience acquise : Médiocre