L'Autre-Monde
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Épisode 140 – Le Sceptre du Roi

 

            Vorshek traversa le campement d’un pas vif et déterminé, prêtant à peine attention aux soldats et réfugiés trop lents pour s’écarter et que Gonzague envoyait dans le décor de brusques bourrades jouissives. Le magicien désigna les gardes en faction à l’entrée de la tente de Tynfir. Aussitôt, Gonzague en étala un d’un large coup de plat de hache dans la mâchoire tandis que Al et Cyril assommaient le second à coups de patates volées à la cantinière. Laissant ses compagnons dehors hormis Hjotra, le semi elfe pénétra avec fracas dans les appartements de la princesse et se planta face à elle avant de lui lancer la fiole contenant la poudre enchantée du marchand de sable.

 

- « Je me fiche que les étoiles n’aient pas le bon alignement, que votre culotte favorite soit au sale ou que j’ai davantage de poils au sourcil gauche qu’au droit. Je me balance de savoir que vous avez raté votre frange ce matin, que vous n’aimez pas le grain de beauté sur mon genou ou que vous avez prévu un récital de sonnets dans dix minutes. Et je me contrefous que vous soyez sur la digestion, mal épilée ou au chevet de votre père mourant ! J’ai affronté maints périls très mauvais pour ma peau où j’ai risqué ma vie et pire, celle de mes cheveux. Une promesse est une promesse. Hop ! En piste ! On copule ici, maintenant, tout de suite ! »

 

            Tynfir ne se départit de son expression stupéfaite que pour la remplacer par un hébétement mêlé de gêne. D’un coup d’œil rapide et discret, elle fit remarquer à Vorshek la présence de la douzaine de ses capitaines réunis avec elle pour un conseil de guerre.

 

- « Messires, salutations », lança le magicien sans se démonter, bataillant déjà avec la cordelette de son pantalon. « Je vous prie de suivre mon camarade nain qui vous indique la sortie. Ceux qui veulent rester peuvent regarder, mais pas toucher. »

 

            Les soldats échangèrent des regards consternés, furieux, voire impatients pour au moins deux d’entre eux. Tynfir, contrite, leur désigna Hjotra près de la sortie. Un par un, tous les chevaliers sortirent en grommelant, même les deux derniers qui avaient commencé à s’installer confortablement dans un coin.

 

- « Par quoi désirez-vous commencer ? » questionna Vorshek, le pantalon sur les chevilles. « Personnellement, je n’ai pas de préférence, mais je souhaite tout essayer. Je vous serai gré de vous montrer aussi ouverte que moi, ma dame. »

- « Suivez-moi », répondit Tynfir avec sérieux, fascinée par l’éclat de la fiole dans sa paume. « Remettez votre pantalon, nous allons ailleurs. »

- « Même si c’est aux écuries, je vous suis. »

- « Nous allons voir mon père. »

- « C’est spécial comme penchant », commenta Hjotra en suivant.

- « Il est mort », fit la princesse.

- « C’est vraiment pervers les humains ! » soupira Hjotra en grimaçant.

 

            Tynfir se dirigea vers un coin à l’écart du campement, à travers d’épaisses végétations sauvages et des ruines ravagées par le temps que le demi elfe n’avait jamais remarqué. Quelques ombres se mouvaient lentement ça et là, errant dans la pénombre et le silence. Il ne s’agissait pas de la garde du roi, mais d’hommes encapuchonnés, dissimulés sous de sombres pèlerines. Tynfir échangea un mot avec l’un d’eux et ce dernier se précipita brusquement dans le soir.

 

- « J’imagine que ce n’est pas la partie touristique », dit Vorshek, mal à l’aise.

- « Arnez vous a raconté que mon père avait été blessé par les agents de Rous. C’était un mensonge. Il n’a pas survécu aux blessures infligées par son meurtrier. Il est mort depuis près de vingt jours. J’ai menti et fait répandre ce mensonge pour m’assurer la loyauté des gens de mon père. Ils n’auraient pas suivi une femme seule. »

- « Puisqu’on en est aux confidences, je vous ai dit que j’étais vierge. C’est quelque peu exagéré. »

- « L’ingrédient secret de ma soupe aux champignons, ce sont des orteils de trolls », craqua à son tour Hjotra. « J’ai dit à tout le monde que la recette était secrète mais c’est parce que j’avais honte d’avouer que j’avais fait tomber des orteils dans la soupe la première fois ! »

 

            Tynfir poussa un soupir las en voyant que Hjotra leur emboîtait encore le pas, mais tâcha de l’ignorer. Parvenue à une volée de marches s’enfonçant dans les ténèbres d’un sous-sol lourdement protégé par les hommes à capuches, elle se retourna pour fixer Vorshek d’un regard pressant.

 

- « Vous vous demandez pourquoi je vous ai lancé, vous et tous ces mercenaires, en quête de ces artefacts rares au nom d’épreuves pour éprouver votre valeur, n’est-ce pas ? »

- « La question occupe effectivement entièrement mon esprit », répondit Vorshek en relevant ses yeux de la chute de reins de la jeune fille. « Une vraie obsession… »

- « Je nécessitais précisément chaque article enchanté dont j’ai missionné les volontaires tels que vous et votre groupe », expliqua Tynfir en descendant les marches pour pénétrer dans un tunnel antique. « Je connais un rituel ancien, ignoré et très puissant. La poudre enchantée du marchand de sable était le dernier ingrédient qu’il me manquait, car le plus difficile à obtenir. Mes plus capables serviteurs ont échoués dans sa recherche. »

- « Vous pouvez me remercier maintenant, mais il est fort probable que vous me remercierez aussi après », se vanta Vorshek. « Une pensée me vient tandis que je regarde vos lèvres bouger. Vous êtes aussi une pratiquante de la magie ? »

- « C’est moi ou il pue le vieillard ce souterrain ? » s’enquit Hjotra.

- « Je suis en effet prêtresse », répondit Tynfir. « Les personnes que vous avez aperçues dehors et celles que nous allons rejoindre appartiennent à mon groupe, ma secte. Peu de personnes connaissent leur existence. Vous êtes ici parce que je vous suis redevable. »

- « C’est peut-être un peu prématuré de me présenter à vos amis et à votre père…mort », fit remarquer Vorshek, songeur. « Je n’ai sans doute pas été assez directe et explicite tout à l’heure, mais j’aurais largement su me contenter de votre gratitude sous la tente…dans tous les coins de la tente…toute la nuit… »

- « C’est bien le vieillard ! » confirma Hjotra en léchant un mur humide et poussiéreux. « C’est un caveau ce truc ou bien une maison de retraite pour orcs. Elle est tordue votre copine, prince ! »

- « Nous sommes arrivés », informa Tynfir en désignant une vaste salle éclairée de bougies rouge sang, aux murs et sols recouverts de glyphes de magie noire et occupée par une vingtaine de prêtres en cercle autour de la dépouille nue du roi Gowla.

- « Entre la déco, le cadavre et les spectateurs bien glauques », murmura Hjotra à l’oreille de Vorshek, « si vous arrivez à dresser quoi que ce soit, je vous paye ma tournée. Et après je quitte votre service, parce que même Svorn n’est pas aussi pervers. »

- « Euh…Qu’est-ce qu’il se passe en fait ? » demanda le mage en voyant les prêtres entamer les préparatifs d’un rituel sous les ordres de Tynfir. « Vous réglez ça et on s’accouple après alors ? »

- « Je n’ai jamais eu la moindre intention de partager ma couche avec vous, elfe », rétorqua Tynfir d’une voix glaciale tout en disposant la fiole de sable près d’autres objets magiques. « J’ai pris Kerttu le Sang Clair comme fiancé il y a trois mois déjà. Il est à la tête des cohortes des Marches Septentrionales et est allié avec de nombreux clans et cités états. Son soutien me sera plus précieux que le vôtre pour remporter cette guerre. »

 

            La jeune femme désigna un fier guerrier elfe noir en armes de l’autre côté de la salle qui cracha sur son épée quand Hjotra lui adressa un coucou convivial.

 

- « Je me suis fait manipuler ? » balbutia Vorshek, sous le choc. « Comment aurais-je pu diable le deviner ? Il n’y avait pourtant aucun signe de cette perfidie ! »

- « Elfe stupide ! » lança Arnez en apparaissant depuis le tunnel. « Une telle naïveté est rare à notre époque. Il a suffit que ma maîtresse papillonne un peu de ses grands yeux pour que vous gobiez n’importe lequel de ses ordres. Rous n’est pas à l’origine de cette guerre. C’est Dame Tynfir qui l’a déclenchée ! Elle a fait assassiner son propre père pour accuser Rous et légitimer l’invasion de son pays ! On vous a jonglé, pauvres débiles ! Et vous… »

 

            Hjotra interrompit le vieil homme d’un violent direct dans le bas-ventre avant de l’achever à terre d’un coup de pied. Vorshek remercia son compagnon.

 

- « De quoi ? » répondit naïvement l’ingénieur. « J’ai fait ça parce que je suis à peu près certain que l’odeur vient de lui. C’est seigneur Arzhiel qui m’a enseigné le direct aux noix pour les Grandes-Gens qui pètent les rouleaux. »

- « Quel désastre ! » se lamenta Vorshek en regardant Tynfir activer la magie de l’Oeil du Serpent, de l’Oeuf d’Eclosion et d’autres pierres enchantées. « En plus, elle a tué son père ! Moi qui la trouvais si douce et innocente. »

- « Vous avez de la merde dans les yeux, c’est pas grave », relativisa Hjotra. « Moi il parait que j’en ai dans les doigts et entre les oreilles. Je crois que Dame Tynfir n’est pas aussi méchante qu’il n’y parait. Je suis sûr qu’elle a bon fond. »

- « Vous croyez ? » douta le demi elfe.

 

            Tynfir acheva d’accumuler toute la puissance des artefacts et lança son sortilège sur le cadavre de son père. Ce dernier frémit et sa peau pâle se colora rapidement tandis que la magie interdite ranimait son cadavre. Le roi Gowla ouvrit lentement les yeux et se releva mollement.

 

- « Vous voyez ? Elle vient de ressut…ressurectio…Rissusci…son père. »

- « Tynfir ? » marmonna Gowla, ahuri et hagard. « Qu’est-ce que… ? Je me souviens…Tu as plongé cette lame dans ma poitrine ! Maudite sois-tu ! »

- « Silence, esclave ! » clama la jeune femme. « Je t’ai arraché aux griffes de la mort grâce au sort de Lune Morte. Tu n’ignores pas ses effets. Tu es à présent en mon pouvoir, aussi docile qu’un agneau ! Je t’ordonne de me remettre le Sceptre de Commandement ! »

- « De la magie nécromancienne ! » s’exclama Vorshek avant que l’assemblée ne lui intime de respecter le silence d’un chut commun et appuyé. « Elle ment, elle manipule, elle tue et elle utilise la magie noire. J’avais encore bon espoir avec la robe de bure, mais c’est sûr maintenant qu’elle n’est pas bonne sœur ! »

- « Qu’est-ce qui se passe là ? » demanda Hjotra à son voisin, un prêtre du culte, tandis que Tynfir et son père échangeaient de vifs reproches mutuels.

- « Le Sceptre de Commandement appartient à la famille royale depuis des siècles », expliqua l’homme à voix basse tandis que Hjotra reniflait sa robe d’un air suspect. « Il oblige les morts à se relever pour former une armée de zombies asservis au possesseur du Sceptre. Gowla en était le gardien de son vivant et sa fille l’a toujours convoité, car vile et corrompue par la soif de pouvoir.  »

- « Et accessoirement aussi par la magie interdite », ajouta Vorshek.

- « Un peu comme nous tous ici présents, vous en conviendrez », plaisanta l’homme. « Bref, Tynfir a tué son père inflexible, pensant pouvoir récupérer l’artefact sur son cadavre. Mais Gowla était prudent. Un sort le lie au Sceptre. Personne ne peut le lui dérober, sauf si lui-même décide de le céder. Tynfir n’avait d’autre choix que le ressusciter… »

- « Ressusciter ! » s’écria Hjotra. « C’est ce mot-là ! Restitu…Resituer…Flûte, je l’ai encore paumé. »

- « …grâce à la magie nécromancienne pour en faire un mort-vivant soumis à ses ordres », poursuivit le cultiste. « Malgré toute sa force, Gowla ne peut que se soumettre à la volonté de sa fille. Regardez ! Il obéit et vient d’invoquer le Sceptre. Quel moment émouvant ! »

 

            Tynfir arracha avidement le Sceptre des mains de son père fou de rage mais réduit à la servitude. La jeune femme poussa un cri de victoire en brandissant l’artefact avant de s’emparer d’un glaive et de le planter dans le torse de son père jusqu’à la garde. Le roi s’effondra et mourut une seconde fois de la main de sa fille.

 

- « Bon alors, elle est méchante au final ou pas ?! » s’impatienta Hjotra. « C’est compliqué cette histoire, on ne pige rien ! »

- « Frères ! L’heure de mon règne est enfin venue ! » s’exclama Tynfir hystérique en brandissant son sceptre. « Ce lieu n’est pas anodin. Il fut le lieu d’une antique bataille et regorge de soldats morts que je vais à présent arracher à leur torpeur millénaire afin qu’ils anéantissent nos ennemis ! Grâce au sceptre, je vais pouvoir diriger une armée gigantesque, loyale et impitoyable ! Guerriers de la Reine Sombre, éveillez-vous ! Relevez-vous et obéissez à ma volonté ! Je vous ordonne de dévaster les terres du roi Rous et de massacrer son armée et son peuple jusqu’au dernier de ses représentants ! »

- « Si j’avais un minimum de conscience, je serais en ce moment accablé par les tourments de ma responsabilité dans la tuerie sans nom que présage cette invocation », déclara Vorshek tandis qu’un sourd grondement agitait le souterrain sous les clameurs exaltées des prêtres noirs.

 

            Murs et plafonds du souterrain tremblèrent violemment sous l’effet de la magie libérée. Le sol se lézarda et commença à vomir d’innombrables dépouilles tressautant en gestes saccadés. Les squelettes séculaires, brisés et pathétiques, vinrent s’enivrer à l’air libre du pouvoir du sceptre les ressuscitant. Leurs membres en poussière se reformèrent, leurs armures rouillées et déchiquetées redevinrent rutilantes et les lames abandonnées se dressèrent vers le ciel. A travers le fracas épouvantable des caquètements et les nuages opaques de poussière soulevée se dessinèrent bientôt les premiers rangs d’une légion de soldats mort-vivants fidèles à leur nouvelle reine. D’un pas sinistre et mécanique, l’armée de la Reine Sombre se dirigea vers la sortie, entamant sa marche funèbre vers le domaine de Rous.

 

- « Maître Hjotra ? » appela Vorshek à travers le vacarme tandis que le nain applaudissait frénétiquement ce qu’il prenait pour une parade. « Rendons-nous à l’évidence, mes chances restantes de serrer Tynfir sont relativement minces. On va donc punir cette garce et braquer son sceptre. Sans lui, elle ne pourra plus contrôler qu’une part minime de l’armée invoquée. Cela devrait bien la gonfler et en plus, ça fera un chouette objet magique à ramener à père. »

 

            Le magicien éconduit dégaina Foudrargent et profita de la confusion engendrée par les squelettes et le séisme pour se frayer un passage jusqu’à Tynfir à grands coups de cônes de feu et de Cercles de Châtaignes particulièrement piquants puis changea deux fuyards en lapereaux, comme ça, pour la beauté du geste. La panique s’empara des derniers fidèles de Tynfir qui se regroupèrent affolés autour de leur maîtresse pour la protéger. Aucun ne fit bien attention à Hjotra qui se faufila à travers la fumée et fit diversion en redressant le corps de Gowla et en entamant un chant paillard tout en agitant sa tête en rythme, ce qui mit en fuite tout le groupe de fanatiques, terrifié par ce prodige. Tynfir s’apprêtait elle aussi à fuir ce chaos inattendu quand Vorshek lui tomba dessus.

 

- « Je vous conjure de me croire », lui dit le demi elfe, se relevant après l’avoir plaquée au sol, « il n’est guère dans mes habitudes de me retirer si vite. »

 

            Vorshek arracha le sceptre des doigts de la jeune femme stupéfaite et, imitant la technique favorite de Al, détala à toute vitesse, Hjotra sur les talons. Les deux comparses s’abritèrent des éclairs magiques lancés par leurs poursuivants en zigzagant à travers les rangs compacts des squelettes toujours plus nombreux à mesure que d’autres morts les rejoignaient. Cette petite poursuite combla Hjotra, riant aux éclats, mais amusa curieusement moins Vorshek, bombardé de projectiles enchantés. Le semi elfe remonta le tunnel et jaillit à l’extérieur où le sortilège de Tynfir arrachant ici aussi des squelettes du sol avait provoqué une terrible débâcle dans le campement. Sprintant, avec certes grâce, mais aussi un grand effroi, le jeune magicien regagna la tente des Dragons qui Roxxent. Al, Gonzague et Cyril, observant avec incompréhension les mort-vivants envahissant les lieux, les soldats en déroute et le chaos ambiant ne mirent étrangement pas longtemps à faire le rapprochement avec leurs deux amis essoufflés.

 

- « L’euphorie t’a rendu fébrile de la baguette ou Tynfir n’a pas apprécié ta prestation ? » interrogea Al, blasé, en désignant l’armée de guerriers antiques avançant tout droit, dévastant tout obstacle sur leur passage et taillant en pièces les mortels trop lents pour fuir.

- « C’est un poil plus compliqué que cela », répondit l’héritier en trépignant sur place. « Si vous désirez emporter un quelconque équipement, je vous invite cordialement à le prendre maintenant parce que là si on ne fuit pas lâchement et piteusement, on est bons pour la fessée. Grand modèle. »

 

            Les aventuriers échangèrent des regards entendus puis s’éparpillèrent en toute hâte. Dès que la tente fut proprement pillée, le groupe s’échappa mais tomba nez à nez avec une patrouille. Vorshek alluma un brasier dans le fonds de culotte des gardes pour s’en débarrasser avant qu’ils n’attaquent. Autour d’eux sifflèrent les carreaux d’arbalète, les cris des poursuivants et quelques insultes orientées sexualité et monde animal.

 

- « Tu ne nous as pas dit ? » commenta ironiquement Gonzague en repoussant une hallebarde. « Tu as passé une bonne soirée, prince ? »

- « Mais qu’est-ce que t’as foutu, votre altesse ?! » gémit Al entre deux cris effarés et très aigus de Cyril.

- « Vous allez trouver cela difficile à croire, mais Tynfir n’a jamais eu l’intention de céder à mes avances et profitait de mon innocente affection pour nous manipuler à des fins maléfiques. Mais ne vous fiez pas à l’ardeur qu’elle risque de déployer pour remettre la main sur ma personne, ses intentions ne sont pas aussi louables que celles que je nourrissais à son égard ! Bref, cassons-nous avant qu’elle ne… »

 

            Le semi elfe s’effondra en pleine course, fauché par une flèche fichée dans son dos. Gonzague le rattrapa au vol et le jeta sur ses épaules. Au loin, Kerttu le drow encochait à son arc une nouvelle flèche trempée dans du poison mortel pour les elfes, mais arrêta son geste quand les fuyards disparurent dans la forêt, hors de portée. Personne ne remarqua l’absence de Hjotra qui, ayant fatalement encore une fois perdu son groupe, suivait docilement l’armée de mort-vivants, décidément fort distrait par ce spectacle et cet incongru défilé.

 

Bilan de la mission :

Vorshek : Niaiserie Sentimentale +1

Al : Pillage en camping +1

Hjotra : Détection olfactive +1

Cyril : Maîtrise vocale des ultrasons +1

Gonzague : Course de fond avec portée +1

Expérience acquise : Négative