L'Autre-Monde
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Episode 128 – Le Rhume Rouge

 

 

            Assis au bord de la route à l’ombre d’un grand chêne, Vorshek, Gonzague, Hjotra, Cyril le hobbit et son porcelet vert déjeunaient paisiblement en regardant cheminer les voyageurs. Dans un soupir las, Gonzague lança sur Al le cochon son morceau de pain rassis et caoutchouteux qu’elle mâchait vainement depuis plusieurs minutes en grimaçant.

 

- « Qu’est-ce qu’on a mangé hier soir ? » demanda Vorshek tandis qu’elle grommelait.

 

            La jeune naine se tourna vers Hjotra et observa sa barbe en broussaille.

 

- « Des manchons de canard…et de la purée de fèves », répondit-elle en écartant un épi pour mieux voir.

- « Tâchez de vous en souvenir parce que c’était notre dernier véritable repas avant au moins une semaine. A cause de notre distingué joueur impétueux » (Vorshek jeta un gland sur le rôdeur transformé en porc) « qui a paumé notre argent au jeu et de Maître Hjotra » (l’elfe jeta un autre gland sur le nain cette fois-ci) « qui refuse de nous le rendre, on est raides comme des clochards et notre alimentation va dorénavant s’assimiler à la leur. »

- « Seigneur Arzhiel m’a bien recommandé de vous laisser vous débrouiller seuls, surtout si c’était moi qui vous avais mis dans la panade », se justifia Hjotra en surveillant l’arbre du coin de l’œil pour éviter une autre chute de gland.

- « Peux-tu éviter de jeter de la nourriture à ma Coquette, je te prie, mon doux ami ? » demanda Cyril en flattant le flanc de Al qui couinait. « Je ne veux pas qu’elle s’empâte. »

- « Et pourquoi pas ? » fit Gonzague. « Ça nous fera à manger comme ça. »

 

            Al poussa un couinement apeuré à ses mots et s’enfuit dans les bras de Hjotra qui reversé par l’impact, enchaîna une prise de lutte sur le goret affolé. Vorshek se pencha discrètement vers Cyril pour lui parler à l’oreille.

 

- « Mon doux ami ? Comme hier soir à l’auberge, la veille, l’avant-veille et tous les jours depuis la sortie de ce fichu donjon, c’est toujours le même topo : votre familiarité débordante, vous la gardez coincée dans votre culotte où je vous change en pot de confiture pour Coquette. »

 

            Le hobbit, plus amusé qu’inquiet, mima un feulement à l’attention du demi-elfe dépité avant de retourner à son bout de pain.

 

- « Si tout le monde a fini », lança Vorshek, « on reprend la route. Curieusement, je ne suis pas encore séduit par l’idée de dormir dans un fossé alors on va tâcher d’arriver tôt pour avoir le temps de mendier un coin de grange aux bouseux…Oh, misère, mon biorythme va être complètement chamboulé. »

- « Y a pas de dessert ? » demanda Gonzague, effarée par cette perspective.

- « Si, j’ai un mille-pattes ! » répondit Hjotra. « Je voulais le coller dans le lit de Cerise ce soir, mais si on pionce dans un fossé, c’est fichu… »

 

            Les aventuriers se remirent en chemin sans grand enthousiasme, ce à quoi proposa de remédier Cyril en entamant un chant entraînant avant de recevoir un mille-pattes à moitié mangé dès le premier accord. Al menait l’expédition en trottant en tête, poursuivant son rôle de guide malgré sa nouvelle condition porcine. Et surtout pour éviter de traîner à portée de Hjotra qui lui tirait sans arrêt sa queue en tirebouchon.

 

- « Je vais peut-être dire une connerie… » commença timidement Gonzague.

- « Ah pour une fois, c’est pas moi », se défendit Hjotra.

- « Tu ne pourrais pas lever ton sortilège sur Al ? » demanda la naine. « Même si c’est un boulet doublé d’une tâche indécrottable, on aura peut-être besoin de lui pour cette mission, non ? »

- « Pour quoi ? » rétorqua sèchement Vorshek. « Pour dilapider notre solde ? Non, on va porter ces missives jusqu’à Trou-de-Bouc et réussir ce travail. Personne n’est indispensable dans cette équipe, y a même pas mal de superflus ! »

- « N’empêche le changer en porc vert et le refiler en cadeau à Cerise, c’est rude. Tu sais à quoi ça me fait penser ? Ça me fait surtout penser à un sortilège typique de ta mère. »

 

            Vorshek pila net, aussitôt percuté par Cyril qui, curieusement bien près de lui et fort distrait par ses observations de l’elfe marchant, lui rentra dedans.

 

- « Tu as dit quoi ? » tiqua le magicien sans même prêter attention au hobbit qui se relevait en se frottant outrageusement à lui.

- « Changer les gens qui gonflent en bestioles, c’est carrément le truc de ta mère ! Elle a changé mon père en rat une fois. Je le sais, ma mère l’a supplié cent fois de recommencer. »

- « Et moi en orque, en chauve-souris, en siffleur des collines et en pied de table », rajouta Hjotra en comptant sur ses doigts.

- « Vous trouvez que je reproduis inconsciemment le comportement de Mère ? » murmura Vorshek, horrifié et hébété par cette révélation.

- « C’est un peu moins flagrant que l’époque où tu voulais porter ses robes, mais tu dois admettre que tu fais tout pour lui plaire et lui ressembler », expliqua Gonzague au demi-elfe stupéfait. « Il te faudrait un style perso pour te démarquer de son influence. »

- « Au lieu de changer les gens en animaux, tu pourrais les décapitête ? » proposa Hjotra.

- « ON VA TOUS MOURIR !!! »

 

            Le petit groupe sursauta aux beuglements larmoyants d’un humain frappant en rythme sur une casserole, brusquement surgi des fourrés. L’œil hagard et humide, le teint pâle et marqué, la peur panique figée sur ses traits disgracieux, l’homme considéra un instant avec perplexité le cochon vert accompagnant les voyageurs puis s’effondra en larmes. Tombé aux genoux de Cyril dont il caressa les chausses à talons et pompons avec affection, l’inconnu se coiffa de sa casserole et fixa le barde en reniflant.

 

- « J’avais prévenu que la tenue du hobbit risquait de choquer les gens », plaisanta Gonzague.

- « On va tous mourir », pleurnicha l’inconnu.

- « C’est plus cher si vous touchez, monsieur », l’avertit Cyril en tentant de dégager sa jambe de l’emprise du malheureux. « Donnez-moi votre nom, au moins, je ne suis pas qu’un objet de fantasme, j’ai aussi des sentiments. »

- « L’épidémie s’abat sur nos campagnes ! C’est la fin ! »

- « L’épidémie, comme la fête avec la galette et la fève? » demanda Hjotra. « Si tard dans l’année ? »

- « Non, ça c’est l’épiphanie », rectifia Gonzague. « C’est quoi cette histoire d’épidémie ? »

- « Fuyez tant que vous le pouvez encore ! » meugla l’homme. « C’est la terrible épidémie de Rhume Rouge ! »

- « Oh non, encore une connerie de maladie bidon de pécores ! » protesta la guerrière en soufflant. « L’an passé, c’était la variole qui faisait pisser du sable et l’an d’avant, la tremblote qui déchaussait les dents. Ils ne savent plus quoi inventer pour se rendre intéressants ces paysans ! »

- « Non, mais ce n’est pas impossible », déclara Cyril. « Vu l’hygiène du loustic là, j’imagine que les gens du cru ne vénèrent pas les sources et les rivières, donc une maladie contagieuse est possible. Dites, mon brave, c’est quoi ce Rhume Rouge ? Avec du bol, ça pourra faire une bonne chanson. »

- « Un redoutable fléau, seigneur ! Les pauvres gens reniflent, se mouchent, éternuent et parfois toussent ! Est-ce que vous vous rendez compte ?! On a déjà eu deux morts sur plus d’un millier d’infectés, un vieillard de cent douze ans et une femme renversée par une charrette pendant qu’elle éternuait ! C’est la fin du monde ! »

- « Mais vous l’entendez déblatérer ses âneries ? » rouspéta Gonzague. « Un rhume mortel, n’importe quoi ! Vous allez voir qu’il ne va pas tarder à nous vendre un remède miracle à prix d’ami. Et toi, tu ne dis rien, prince ? »

- « Je crois que je reproduis inconsciemment la magie de Mère pour lui prouver que je suis digne de son enseignement et surtout parce qu’elle me fiche une trouille bleue », murmura le magicien, les yeux dans le vague. « Elle était si émue la première fois que j’ai changé un larbin en caniche nain qu’elle l’a foudroyé de joie. Il m’arrive encore de sentir cette odeur de chairs cramées et d’entendre ses applaudissements dans mes rêves… »

- « C’est un symptôme ça ? » demanda Hjotra au paysan.

- « S’il a le nez qui coule, c’est bien possible ! » lança l’autre avec aplomb. « Dans tous les cas, ne vous approchez pas du comté de Cours-la-Gueuse et des environs de Trou-de-Bouc ! C’est plein de contaminés avec de la toux et de la fièvre ! »

- « De la fièvre aussi ?! » s’exclama Hjotra, affolé. « Alors on va tous mourir ? »

- « Je comprends pourquoi ces pétochards de la cité nous ont embauchés pour jouer aux coursiers », commenta Gonzague. « Ils ont choisi les premiers clampins qui passaient parce que tous les autres ont refusés. Rien que par esprit de contrariété, j’ai envie de plier la mission maintenant ! »

- « Mais l’épidémie de Rhume Rouge ? » fit Cyril tandis que Hjotra enfilait une chaussette sur sa tête comme bonnet.

- « Je ne vais pas me laisser impressionner par des bouseux avec la morve au nez. Et le premier qui vient me scier les pattes, il va moucher rouge pour une bonne raison. Vorshek ! Vorshek ? Il plane encore comme sa mère shootée par ses plantes ! »

- « Que doit-on faire si on rencontre un contaminé ? » interrogea Cyril en proie à une vive angoisse.

- « Il faut le fuir ! Ou au mieux, le jeter au feu. »

- « Le brûler ? Ce ne serait pas une maladie inventée par Svorn ? » songea Hjotra.

 

            L’homme retroussa les narines et éternua brusquement avant de gémir de terreur. Aussitôt, une boule de feu le happa de plein fouet et l’envoya se consumer dans les broussailles d’où il avait jailli.

 

- « Le feu, c’est pareil, c’est ma mère tout craché ! » soupira tristement Vorshek en éteignant ses doigts. « Il faut que j’abandonne ces sorts…Quoi ? Vous n’avez pas dit à l’instant de brûler ceux qui éternuaient ? »

 

            Gonzague voulut lui dire que sa mère n’aurait pas agi autrement, mais préféra s’en abstenir tant que les flammèches des doigts du demi-elfe et son air contrarié sur son visage ne s’étaient pas éteints. Les aventuriers regardèrent le paysan s’enfuir à toutes jambes, les cheveux embrasés, le remercièrent, de loin, pour ses avertissements, puis reprirent la route en direction de Trou-de-Bouc.

 

- « Il est possible que l’amour possessif et étouffant de Mère ait affecté mon comportement, jusqu’à ma magie elle-même », réfléchit Vorshek à haute voix tandis qu’ils marchaient vers leur destination. « Mes magnifiques et soyeux cheveux blonds, je les porte comme elle ! Ah s’ils n’étaient pas aussi superbes, je crois que je les couperais ! Non, mes chéris, je disais ça sous le coup de la colère, je n’en ferai rien. »

 

            Gonzague regarda son ami caresser et embrasser ses mèches en leur murmurant des mots doux et trouva plus sage de s’écarter d’un mètre.

 

- « J’ai bien fait de lui faire cette remarque », déclara-t-elle, entre ironie et culpabilité. « Maître Hjotra ? Qu’est-ce que vous fabriquez ? »

- « Je me tricote des gants, une écharpe et un masque dans la cape de Al pour me protéger du Rhume Rouge. Zut ! J’ai oublié un doigt ! J’avais pourtant bien compté cette fois ! »

- « Vous voulez bien arrêter ? C’est ridicule ! »

- « Je fais avec les moyens du bord, je n’ai pas choisi la couleur. C’est moche mais ça peut me sauver la vie des éternuements. Ah, mais j’ai compris de quoi tu voulais parler. C’est à cause de la cape ? Je ne crois pas que Al s’en servira en cochon. Ça ferait bizarre sinon, non ? »

- « On était bien d’accord que j’étais le seul autorisé à habiller Coquette ! » intervint Cyril en désignant le porc. « C’est mon goret ! »

- « Oh non, mais vous aussi ?! » s’exclama Gonzague en montrant le foulard couvrant la tête du hobbit. « Ne me dîtes pas que vous gobez cette histoire débile d’épidémie ? »

- « Vous seriez étonné de tout ce que je peux gober, damoiselle », rétorqua le barde d’un ton ampoulé. « Ce brave gueux malodorant a parlé de Rhume Rouge mortel, je vous rappelle et vous nous précipitez droit au cœur du foyer d’infection. Je suis peut-être né il y a plus de deux cents ans, mais je ne tiens point à mourir jeune. »

- « Cette épidémie est bénigne, ce n’est qu’un rhume », fit la naine, lasse.

- « Il n’empêche que je prends toujours mes précautions en me couvrant quand je vais rencontrer des inconnus. Et j’ai distinctement senti plusieurs picotements au fond de ma gorge. »

- « Vous avez braillé…pardon, chanté deux heures d’affilée ce matin ! »

- « Des picotements ?! » s’écria Hjotra, paniqué. « Et moi je commence à avoir mal à l’aine. » Le nain toucha sa nuque. « Nous sommes infectés ? »

- « Et incurables, j’en ai bien peur », marmonna Gonzague tandis que le hobbit proposait un massage au nain terrifié cherchant à prendre son pouls dans son nombril. « Vorshek, veux-tu bien sauter à bas de ton nuage et expliquer à ces corniauds qu’un rhume n’est pas mortel ? »

- « Que suis-je censé faire ? » l’interrogea le sorcier. « Cet éloignement est l’occasion idéale d’échapper à l’influence de Mère, mais comment m’affirmer en tant que personne indépendante de sa volonté et de ses désirs maternels ? Je ne peux radicalement pas renoncer à son enseignement magique, je suis si doué pour les arts occultes ! Ce serait comme essayer de renoncer à tant plaire, c’est inconcevable et absurde. »

- « Je crois que je vais regretter ces paroles, mais Al me manque », soupira la naine en se massant les tempes.

 

            L’impétueux groupe d’aventuriers parvint avec courage aux abords déserts du village de Trou-de-Bouc, malgré les doutes existentiels et la peur de l’épidémie qui hantaient ses rangs. Un silence pesant régnait sur le bourg qui semblait vidé de ses habitants. Gonzague appela à plusieurs reprises et n’obtenant pas de réponse, fit couiner Al le porcelet pour attirer l’attention, sans succès. Portes et volets fermement verrouillés ne s’ouvrirent toujours pas. Il ne fallut pourtant que les premiers mots chantés de Cyril pour que les habitants surgissent brusquement et en nombre de leurs maisons barricadées.

 

- « Approche cher public ! » lança le barde, enchanté. « Viens jouir auprès de moi de la beauté incomparable de mes chansons et…Pourquoi vous avez apporté des fourches et des torches ? Je n’accepte que les roses blanches et les peluches, vous savez. »

 

            Les villageois, le regard sévère et l’expression hostile, encerclèrent les étrangers en tendant vers eux leurs armes de fortune.

 

- « Bonjour ! » lança timidement Gonzague. « C’est le facteur ! On a une missive pour le chef du village. »

 

            Un homme bourru s’avança en grognant, essuyant sa morve sur sa manche. Il s’empara de la lettre, la décacheta, la parcourut, puis la tendit à un autre qui lui, savait lire.

 

- « C’est un avis de quarantaine du baron », déclara ce dernier à la foule. « Il dit qu’on ne doit pas quitter le village parce qu’on est tous malades du Rhume Rouge. Ses soldats arriveront bientôt pour brûler nos chaumières et nous « soigner » afin d’éviter que la maladie ne se répande sur le reste de ses terres. »

- « C’est déjà sympa de sa part de vous prévenir », remarqua naïvement Hjotra tandis que la colère grondait.

 

            Les villageois échangèrent regards entendus et grognements avant de refermer leur cercle sur les aventuriers, fourches en avant.

 

- « Qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Gonzague en sortant sa hache. « Ils sont trop nombreux, je ne peux pas tous les viander ou alors il faut leur demander d’avancer un par un. Vous croyez qu’ils accepteront ? Prince, tu ne veux pas aider ? »

- « Qu’est-ce que Mère ferait ? Elle ferait un génocide par le feu et l’éclair avant de se repomponner évidemment. Que ferait Père ? Il les latterait jusqu’au dernier avant de leur faire les poches. Je ne peux raisonnablement pas tendre vers l’une ou l’autre de ces solutions. »

- « Attendez ! » fit Gonzague aux paysans dans une approche diplomate. « Cette histoire de Rhume Rouge n’est qu’un prétexte politique pour se débarrasser de vous ou pour enrichir un quelconque fabricant de potions de soins ! Si vous nous butez, ça donnera au baron une justification supplémentaire de vous massacrer. Si vous nous laissez repartir entiers en revanche, la population de la cité verra que nous ne sommes pas infectés par cette maladie en bois et qu’il n’y a aucun motif de vous faire déblayer par la milice ! Vous comprenez ? »

- « Les premiers rangs ont décroché au mot « diplomate » », l’informa Cyril. « Tu veux que je répète en chantant pour que le message passe mieux ? »

- « Mais nous sommes vraiment malades ! » cria le chef du village. « J’ai le nez bouché et si je ne respire pas avec la bouche, je suffoque, c’est un signe quand même ! Donc comme on est condamnés à mourir étouffés par nos glaviots, on peut bien vous tuer pour le plaisir. Vous comprenez ? »

- « Ok, c’est des bourrins », conclut Gonzague. « Prince, fais chauffer les flammèches, le bal va commencer. »

- « Le bon sens voudrait que je les épargne et la logique que je leur défonce leur race », réfléchit le mage. « Mais c’est tellement impersonnel et prévisible ». Le regard du demi-elfe tomba alors sur Al qui fouillait un tas d’ordures proches en quête de nourriture. « Je sais ! J’ai trouvé ! »

 

            Vorshek poussa un cri de joie tandis que les premiers villageois attaquaient. Un simple sortilège de soins groupé de sa part et ils furent aussitôt délivrés de leur rhume.

 

- « Un échantillon gratuit », expliqua-t-il aux paysans médusés devant ce miracle. « Pour ceux qui veulent être soignés du Rhume Rouge, envoyez les piécettes ! »

 

- « Combien on s’est fait ? » demanda Cyril, des heures plus tard, au départ du dernier paysan des environs soigné par Vorshek.

- « Combien je me suis fait », rectifia le demi-elfe devant ses sacs d’or. « Environ la même somme que Al nous a fait perdre, ainsi que trois moutons, une vache et treize poulets. Quel bonheur d’avoir enfin trouvé ma voie ! Grâce à Al dont la vision m’a inspiré cette formidable idée d’exploiter la stupidité d’autrui pour s’enrichir, je sais que je suis fait dorénavant pour un seul art : la magie pécuniaire ! »

- « Super », le félicita Gonzague en baillant d’ennui, frustrée de n’avoir pu taper sur personne. « Tu ne veux pas annuler ton sort de métamorphose sur lui pour fêter ça ? Tu lui dois bien ça maintenant, non ? »

- « Je trouve que tu insistes bien fortement pour sauver notre camarade. »

- « Je crois surtout qu’il sera plus à même de me rembourser l’argent qu’il me doit en humain qu’en goret. »

 

            Vorshek reconnut la justesse de l’argument et rendit son apparence normale au rôdeur, accompagné du cri déchirant de Cyril appelant sa Coquette évanouie. Al, ahuri et perdu, accroupi au milieu d’ordures et d’immondices, regarda nerveusement autour de lui en essayant de comprendre ce qui lui était arrivé.

 

- « Oh mon dieu ! On dirait…On dirait Trou-de-Bouc ! Fuyez ! Parait qu’il y a une terrible épidémie ici ! »

 

Bilan de la mission :

Vorshek : Fanatisme maternelle -1, déblocage de la compétence « Magie Pécuniaire »

Al (en version Coquette) : Fouille ordurière +1

Gonzague : Foi envers le complot gouvernemental-instituts alchimiques : +1

Hjotra : Couture : +1

Cyril (Cerise) : Invocation d’ennemis par le chant : +1

Expérience acquise : Insignifiante