L'Autre-Monde
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Épisode 53 – Conseil de Guerre

 

            Toussotant à travers la fumée étouffante engendrée par sa téléportation, Arzhiel tituba vers la sortie d’un pas rendu disgracieux par l’empressement. Il se mangea un mur, aveuglé et gêné par sa toux de plus en plus rauque, fit demi-tour et parvint enfin à émerger du cercle de runes en jurant et en glaviotant sur les dalles en marbre. L’absence de remontrances et d’exclamations imagées en langue drow lui fit froncer les sourcils. Avec surprise, il constata que la galerie entière de la citadelle, grouillant habituellement de gardes, de laquais et d’esclaves, était aussi déserte qu’une caisse de taverne naine au moment de l’addition.

 

            Redoutant le coup-jambon, le Nain inspecta rapidement les alentours, notamment pour justifier la volée déjà prévue pour ses prêtres qu’il soupçonnait d’avoir foiré leur sort. Après s’être assuré qu’il se trouvait bien dans la cité servant de quartier général aux Archanges de la Mort, et non dans un centre de vacances d’ogres anthropophages, il partit plus sereinement à la recherche des autochtones. Les longs couloirs sinistres et déserts ne tardèrent pas à décevoir ses espoirs, lui renvoyant successivement l’écho de ses pas, de ses appels puis de ses imitations de cris d’animaux. Les salles d’armes, les entrepôts, les casernes, les latrines et les quartiers réservés aux visiteurs avaient tous été abandonnés. Circonspect mais pragmatique, Arzhiel en profita pour faire un crochet par les offices et braquer quelques articles de papeterie, pour le style. Il embarqua ensuite la totalité des petites cuillères aux cuisines, ainsi que plusieurs herbes hallucinogènes en guise de souvenir parmi les préférées d’Elenwë, dans l’espoir de gratter une ou deux soirées peinardes en solo. Il en était à essayer de desceller un chandelier d’un mur, suspendu et tirant en multipliant les jurons, lorsqu’il se rendit compte de la présence dans son dos du chambellan de Shalimar. Le regard du vieillard oscillait entre une pitié condescendante et un ardent désir d’étranglement.

 

- « Je suis à peu près sûr qu’il y a un passage secret », se justifia Arzhiel en redescendant dans un tintement de cuillères s’élevant de son pantalon. « J’étais à deux doigts de découvrir le mécanisme d’ouverture avant que vous ne veniez me déranger. À part ça, mon brave ? Ça biche ? Les rhumatismes, les coliques ? »

 

            Le serviteur de la matriarche suprême entretint un silence pesant et hostile, chaleureux comme un vendeur de cercueils, souriant comme une porte de cachot.

 

- « Vous avez réservé les lieux pour tous vos amis ou c’est alerte incendie ? C’est quand même pas mes modestes extensions d’écuries du Karak facturés au nom de la guilde qui nous ont mis sur la paille !...Dites, Frite, est-ce que vous êtes vivant ? Immobile, muet, et avec cette tronch…obscurité, j’arrive pas bien à déterminer. »

- « Maîtresse Shalimar vous attend dans l’amphithéâtre », annonça le Drow d’un ton glacé. « Je vais vous y conduire. Et mon nom est Vritz. »

- « Frite, Vritz, c’est la même racine. Ha ! Même racine ! Vous avez pigé ? Parce que vous vivez sous terre…c’est pour ça…c’était une blague…C’est vous qui avez choisi votre orientation professionnelle ? Parce qu’hormis votre don pour mettre les gens à l’aise, qu’est-ce qui vous a poussé à devenir hôtesse d’accueil ? »

 

            Le chambellan conserva héroïquement un admirable mutisme malgré les incessantes piques dont Arzhiel l’accabla tout le long du chemin. Impressionné par son flegme, ce dernier lui donna même la pièce à l’arrivée. Il alla jusqu’à applaudir, ému, quand l’Elfe Noir la lui renvoya dédaigneusement sur le museau.   

 

Le Nain de nouveau seul prit une minute face à la lourde porte à double battant pour peigner sa barbe et rentrer sa chemise de mailles proprement dans son pantalon cliquetant. Il frappa fort trois coups avant de pousser les panneaux ouvragés, pénétrant dans une longue salle bien glauque où l’attendaient Shalimar, surnommée « l’impitoyable fouetteuse de fesses », membre du triumvirat à la tête de l’alliance, ainsi que Sum Groor, le géant Orc, dit « Face de buffle malade », mais seulement par Arzhiel. Les deux Archanges tournèrent la tête vers leur compagnon d’armes d’un même réflexe brusque, comme s’ils étaient impatients de le voir. Ce qui ne manqua pas aussitôt de l’inquiéter. Peut-être même davantage que les rangées et les bancs vides, ainsi que les linceuls de plumes noires de deuil recouvrant de nombreux fauteuils.

 

- « Seigneur Arzhiel », clama Shalimar, les traits davantage tirés et creusés qu’un lendemain d’orgie à l’éphèbe, comme lors de son cadeau d’anniversaire offert par la guilde quelques mois plus tôt. « Rejoignez-nous ! Je suis heureuse de vous revoir. »

- « Moi aussi », mentit le Nain en commençant sérieusement à flipper à ce ton enjoué inédit. « À part, si vous m’avez convoqué pour le ménage ! »

 

            La Drow partit d’un éclat de rire faux et exagéré. Arzhiel sourit de toutes ses dents en cherchant la sortie la plus proche. Heureusement, Sum Groor à ses côtés, affichait la même mine massive et débonnaire qu’à l’accoutumée, aussi visiblement largué que lui.

 

- « Salutations, Crocs-Jaunes ! La forme ? Les femmes, les enfants ? Enfin…ceux que vous n’avez pas bouffés, je veux dire. »

- « La forme, même si vous avez déjà choisi le cube », rétorqua l’Orc en lui tapotant la tête. « Vous avez grandi depuis la dernière fois ou ce sont de nouvelles talonnettes ? »

- « Laissez tomber la flatterie, vieux. Moi plus vouloir vendre eau-de-feu à ton peuple ! Orcs pas supporter eau-de-feu d’homme. Orcs faire choses pas habituelles après. Copuler avec cactus. Dessiner sur chevaux. Devenir bons au combat. Toi comprendre ? »

- « Arrêtez de déconner », les reprit Shalimar en ricanant. « Un peu de sérieux, je vous prie les garçons. Je vous ai fait venir pour une grande nouvelle. Une promotion ! Vous voici désormais tous les deux Archanges Supérieurs, membres de l’état-major et du conseil stratégique ! Félicitations ! »

 

            La matriarche trop enthousiaste ravala ses gloussements devant l’expression tendue de ses deux alliés.

 

- « Shalimar avoir bu eau-de-feu ? » demanda Sum Groor, suspicieux.

- « Non, ok, c’est bon, j’ai compris », soupira Arzhiel en regardant l’amphithéâtre vide. « Vous n’avez plus personne sous la main, c’est ça ? La guilde est à ce point dans la bouse ? »

- « Il est vrai qu’on a du un peu dégraisser lorsqu’une partie de nos frères, après avoir fait sécession pour jurer fidélité à l’Oracle, a du être intensivement traquée, combattue et défoncée », admit l’Elfe Noire, mal à l’aise. « D’autres Archanges se sont fait copieusement plumer, avouons-le, durant la guerre. Les autres sont assiégés, prisonniers, déserteurs ou en RTT. Pour être franche, j’ai besoin d’aide et vous êtes là parce que vous réunissez deux qualités essentielles à ce poste de stratèges : aucun de vous n’a essayé de me refroidir ou de me violer, voire les deux en même temps, voire dans un ordre ou dans l’ordre. Et vous bénéficiez aussi de l’avantage non négligeable d’être encore vivants. »

- « Cette guerre est effroyable… » marmonna Sum Groor, sous le choc. « Vous violer ? Le monde est devenu dingue. »

- « Mais comment ça se fait ? Et Énigma ? Et Sölmir ? »

- « Pour Énigma, c’est un mystère, une question sans réponse. Quant à Sölmir, il est porté disparu depuis sa dernière mission. »

- « Il faut partir le secourir ! » s’égosilla Sum Groor. « Où est-il ? »

- « Dans les Abysses Incandescentes Maudites de l’Ultime Trépas. »

- « Nous honorerons dignement sa mémoire ! » clama Arzhiel après une seconde de réflexion.

- « Preums pour récupérer son fauteuil ! » rajouta Sum Groor.

- « Je vais prendre ça pour un accord de votre part », trancha Shalimar en haussant les épaules. « Voici vos nouvelles cartes de membre… vos galons, attention, certains sont encore tâchés. Virtz n’a pas réussi à enlever le sang séché… et vos tickets de réduction pour le musée des tortures à la capitale, avantages de cadres. »

- « Yolo ! » s’exclama gaiement Arzhiel. « Ça tombe bien, j’avais un cadeau de mariage de retard. »

 

            Shalimar laissa le temps à ses deux comparses de prendre la mesure de leur rôle et d’achever leur préparation pour la lourde tâche qu’elle comptait leur imposer. Soucieuse, elle tâcha de s’enquérir de leurs besoins les plus urgents dans la nouvelle organisation de leur stratégie. Sum Groor exigea de manger. Arzhiel demanda un pied-de-biche, rapport à un chandelier récalcitrant. Dépitée, la Drow ouvrit tout de suite la séance du conseil de guerre.

 

- « Voici la situation actuelle », déclama-t-elle d’un ton solennel en déroulant une carte du pays devant eux. « La première vague des bouffons de l’Oracle est venue mourir à nos pieds ici, ici et là. Pour la faire courte, spéciale dédicace à Arzhiel, les Orcs des tribus Balek-Ouï ont lâché l’affaire après leur déroute. Les Elfes d’Ombres du Roi Piai-O-Ku se sont fait botter en touche. Les cohortes de la Sorcière des Lacs ont sombré. L’héroïne sylvestre Feuille-Morte et ses soldats-fourmis ont été piétinés. »

- « La meute de Saint-Bernard le Cabotin a manqué de flair en tentant d’envahir notre montagne », les renseigna Arzhiel en surlignant un point au feutre à charbon. « Ils se sont mangés une avalanche d’accueil par nos soins, ici. »

- « Vous avez emmené votre fourre-tout ? » l’interrogea SumGroor en voyant tous ses stylos.

- « Vous me prenez pour un cancre comme vous ? J’avais prévu ! On est là pour bosser, mec ! »

- « Vous m’en prêtez un contre un peu de cuissot d’Humain des collines bouilli aux trois épices ? »

- « Alors, non, mais merci de proposer », répondit Arzhiel en déglutissant, écœuré.

- « Le front autour de votre Karak est libre ?! » s’étonna Shalimar en compulsant ses notes. « Mais alors que signifie cette missive de demande urgente de renforts d’un bataillon de mes bretteuses, je cite « en tenue légère pour la mobilité et avec un chariot d’approvisionnement en vin de baies, pour parfumer les philtres de guérison » ? »

- « Faites voir ? C’est mon abruti de cousin qui a écrit ça. Il était chargé de l’animation au loto des berserks la semaine dernière. Je comprends mieux pourquoi les p’tits gars étaient aussi déçus que vos filles ne viennent pas. Je leur ai dit que les Drows n’étaient pas fiables, mais ça ne les a pas beaucoup réconfortés. Essayez de rattraper le coup en expédiant le vin. »

- « Une blague de votre cousin ? Ce qui explique les insultes, les dessins obscènes, les paroles de chansons paillardes dans la marge et l’écriture lisible cette fois-ci. »

- « Votre cousin, c’est celui que vous avez expédié en pension complète dans mon village en punition ? » interrogea Sum Groor en bâfrant.

- « Non, ça c’est mon prêtre. Il a foiré une embuscade de deux nuits en fondant sur nos cibles en gueulant de peur, effrayé par un papillon qu’il croyait possédé par le Malin. Le cousin, lui, se balance depuis une semaine dans son gibet à l’entrée de la montagne. Pas esthétique, mais pratique pour dissuader les mendiants et les colporteurs. »

- « Je trouve que vous avez bien progressé en autorité. »

- « Revenons à nos moutons de l’Oracle, je vous prie ! » les recentra Shalimar d’un ton grave. « La suite des festivités nous exposant à une foule d’autres péquins de l’Empire du Milieu, j’ai pris l’initiative de déclarer la guerre à l’un d’eux en particulier afin de gagner du temps : une alliance d’adorateurs de la Lune Rouge. Le hic, c’est que comme ce n’était manifestement pas assez le foutoir avec le religieux, la politique est venue s’en mêler. Le Sénat exige désormais des preuves de la dangerosité des cibles avant de valider nos fauchages d’âmes. Dans le feu de l’action, j’ai un peu improvisé. »

- « C’est-à-dire ? » s’inquiéta Arzhiel. «  Vous leur avez servi quoi comme motif de guerre ? »

- « Possession de démons de destruction massive. »

- « Sérieux ?! » fit le Nain, stupéfait. « Vous n’avez pas trouvé mieux ? »

- « Dans un monde où un mage de cirque se prétend Oracle des dieux capable de courir sur l’eau et de communiquer avec les buissons en flammes, je vous avoue que je n’ai pris ma journée pour pondre un mytho original ! »

- « N’empêche, le coup des démons de destruction massive, vous n’avez pas peur que ça se voit ? En plus, je les connais de vue les rigolos qui se touchent devant la lune. On n’a pas vraiment envie de les croiser le soir au détour d’une ruelle, mais il suffit d’un savon ou d’un dictionnaire pour les faire détaler, ces loqueteux ! »

- « C’est pas faux, » l’appuya Sum Groor d’un air attristé. « Même la caste des gardiens de chèvres de ma tribu les trouvent cons et degueus. »

- « Blague à part, c’est quoi le motif ? Enfin, la vraie raison, quoi. »

- « Ils profitent de la confusion actuelle du conflit pour attaquer des communautés isolées ou affaiblies », expliqua Shalimar sans dissimuler son animosité. « Ces couards empoisonnent les cours d’eau, inoculent des maladies contagieuses aux troupeaux ou aux prisonniers avant de les renvoyer auprès des leurs. Une fois l’épidémie répandue, ils négocient les richesses et la vie des femmes et des enfants, qu’ils revendront ensuite comme esclaves, en échange de l’antidote. Que le marché soit conclu ou pas, ils incendient la cité, offerte en sacrifice à la Lune Rouge. »

- « Bon, ben c’est pas les petits frères des pauvres, c’est clair », concéda Arzhiel dans une grimace. « D’un autre côté, entre les empereurs mégalos, les tyrans sanguinaires, les fanatiques sadiques et les voleurs de poules qu’on se farcit à longueur d’année, je ne vois pas en quoi ils sortent du lot. En plus, si j’en crois la carte, ils sont plutôt éloignés de nos frontières. Les forces du Baron Point nous font tourner en bourrique au nord-est et les légions d’Hugra menacent notre flanc. Stratégiquement, à mon avis, les lunaires, même en mode clodos vérolés, ne sont pas une priorité. »

 

            Le Nain écarta d’une pichenette révulsée un bout d’oreille cuite tombée du bol de Sum Groor pour désigner les points cités sur la carte. Shalimar ne s’en vit que davantage excédée. Furieuse, elle se leva d’un bloc et fouetta le postérieur de l’esclave apportant une marmite fumante pour le rab de l’Orc gourmand.

 

- « Ce sont des blasphémateurs, des impies, vils et fourbes, cruels et lâches ! » rugit la Drow, couvrant à peine les glapissements du serviteur renversé et ébouillanté. « Je veux toutes nos forces encore valides et tous nos alliés unis pour œuvrer à leur destruction ! »

- « C’est pas que je veux faire mon pénible, hein », insista néanmoins le Nain en levant le doigt. « Bon, j’ai bien calculé tous vos arguments, les lunatiques qui sont de pires crevards et tout le cortège, mais va falloir trouver plus solide pour endormir le reste de la famille. Déjà moi, je ne suis pas top convaincu en jouant dans votre équipe, alors imaginez les vieilles peaux du Sénat ou ces péteux de la capitale. »

- « Faut admettre que déclencher une offensive majeure de toute une coalition contre une faction minable en justifiant ça au reste du monde par une possession de démons de destruction massive », résuma laconiquement Sum Groor en assommant l’esclave beuglant,  « ça fait un peu gros. Quelles nations développées se laisseraient avoir par un prétexte aussi débile ? »

- « À froid, comme ça, on dirait que c’est complètement intéressé, voire personnel », avança Arzhiel en mâchouillant le bout de son stylet gravée au nom de Betty de la compta. « Maintenant qu’on est entre-nous… Allez, Shalimar, faites pas votre pu…cachottière. C’est quoi la vraie raison ? »

 

            La matriarche, occupée à aiguiser ses talons aiguilles en pointe de mithril, se détourna et afficha une mine boudeuse et vexée.

 

- « Leur meneur a dit que j’avais forci des hanches », livra-t-elle d’une voix à peine audible.

 

            Arzhiel, mal à l’aise, échangea un regard avec Sum Groor et laissa couler quelques secondes de silence, dégustant ce cuisant moment de gêne.

 

- « On va garder le truc avec les démons de destruction machin finalement. »

- « Cela me semble fort avisé en effet », le soutint l’Orc. « On bute le meneur et la paix du monde sera sauve. »

- «  Ce ne sera pas aussi évident », déplora Shalimar d’un air pincé. « D’après nos sources, notre ennemi est persuadé d’être incarné par l’esprit supérieur d’un ver, ce qui lui confère une absurde témérité et une influence majeure sur ses fidèles. »

- « Un ver ? » s’enquit Arzhiel, curieux. « Un grand ver, vous voulez dire ? Un dragon ? »

- « Un ver de terre », confirma la jeune Elfe Noire à mi-voix.

- « Un ver de terre ?! Pff, ça va loin là, c’est du lourd…Je pourrais lui faire rencontrer mon ingénieur s’il aime les bêtes et les lunes. »

- « Faucheurs ! Envolez-vous et récoltez l’âme de ce puissant et dangereux…lombric ! »

 

            Le Nain et l’Orc se levèrent et saluèrent avant de tourner les talons. Arzhiel s’immobilisa après quelques pas, songeur.

 

- « Pour que les choses soient claires. On annonce au monde qu’on lance une croisade mondiale contre un culte de la lune dirigée par la réincarnation d’un ver de terre sous le prétexte de la menace de démons de destruction massive. J’ai bon ? »

- « Tout à fait. Qu’est-ce qui vous dérange ? »

- « À part que ma chef porte encore des cuissardes en cuir à notre époque, j’appréhende un peu de passer pour un blaireau, pour ne rien vous cacher. »

- « En quoi cela diffère-t-il de votre quotidien ? »

- « Ceux qui nous fustigerons pourront être accusés de complicité avec l’ennemi. Ça justifiera d’aller leur casser la gueule plus tard au nom de la liberté et de la collecte d’âmes ! » le rassura Sum Groor. « Dites-vous qu’on est quand même les défenseurs du monde libre ! Ça le fait ou pas ? »

- « Mouais », répondit mollement Arzhiel. « Je ne sais pas si je ne préfère pas encore le rôle du blaireau de base finalement…. »